Monstres et Saltimbanques

Création en 2001, au Bénin suivie d’une tournée de 28 représentations au Bénin et en France. 

Texte de Wole Soyinka, mise en scène de Bruno Thircuir. Avec Alphonse Atacolodjou, Carole Lokossou, Isabelle Ribault, Isidore Dopka, Erick-Hector Hounkpê, Sergio Lagunas, Joël Lokossou et Pierre Mélé.

C’est lors d’un atelier d’écriture au Togo que Bruno Thircuir rencontre l’écriture de Wole Soyinka.
Le monde de Monstres et Saltimbanques est un monde déchiré, manipulé par des bouchers, des spécialistes de la mort, et les autres, les gens, sont traités de fous. 
Théâtre politique, certainement, théâtre philosophique et vital. 
Conçue pendant la guerre du Biafra qui opposa de juillet 1967 à janvier 1970, la pays Ibo, à l’Est du Nigéria, au reste du Pays. Cette pièce restitue dans toute son horreur l’atmosphère cauchemardesque de guerre civile. Monstres et Saltimbanques est une véritable mise en garde de la communauté humaine toute entière contre ses propres instincts destructeurs. 
Les tensions de cette pièce ne sont jamais totalement résolues, les questions posées ne trouvent pas vraiment de réponses, les allusions voilées, les scènes d’une insoutenable cruauté, le dialogue sous des apparences burlesques semblent être utilisés pour stigmatiser un monde en déliquescence, une civilisation occidentale prête à la pire barbarie. La quête d’une Vérité inaccessible apparaît alors comme vaine, presque prétentieuse  et certainement propice à la folie. 
La folie d’un monde contemporain en autodestruction et sa représentation absolue par le cannibalisme hante cette oeuvre de Soyinka. Les générations s’entre-dévorent comme le feront les civilisation à venir. 

En pleine possession de ses moyens malgré les souffrances endurées, Wole Soyinka a écrit au lendemain de la guerre du Biafra une oeuvre qui dérange par son parti-pris de dérision. Cette pièce, si pessimiste, a aussi un effet bianfaisant, cathartique, et Wole SOyinka lui-même dit l’avoir écrite pour exorciser les traumatisme de ces années de guerre.